Pour un acquéreur étranger, le coût réel d’un achat immobilier en France se prépare dès les premières étapes du projet. La fiscalité immobilière en France pour les étrangers couvre plusieurs points à anticiper : frais d’acquisition, impôts annuels, IFI, revenus locatifs éventuels, diagnostics, plus-value et structure de détention.
La France offre un marché immobilier bien structuré. Le processus notarial est clair, les vérifications juridiques sont encadrées et les règles sont établies. Cela apporte une vraie sécurité aux acheteurs internationaux, surtout lorsque les bonnes questions sont posées avant de signer.
Dans la plupart des cas résidentiels, un acheteur étranger peut acquérir un bien en France. Ce qui compte surtout, c’est de bien préparer l’achat selon sa situation personnelle, l’usage prévu du bien et ses objectifs à long terme.
Les principaux points à anticiper
Sujet | Ce qu’un acquéreur étranger doit savoir |
Frais d’acquisition | Le budget va au-delà du seul prix d’achat. Les frais, souvent appelés frais de notaire, correspondent surtout à des taxes, droits et frais d’enregistrement. |
Impôts annuels | Le propriétaire peut être redevable de la taxe foncière. Une résidence secondaire peut aussi entraîner une taxe d’habitation spécifique. |
IFI | Un patrimoine immobilier français de valeur élevée peut entrer dans le champ de l’impôt sur la fortune immobilière, y compris pour certains non-résidents. |
Revenus locatifs | Les revenus tirés d’un bien situé en France sont généralement imposables en France, même lorsque le propriétaire vit à l’étranger. |
Diagnostics | Le dossier de diagnostics techniques, le DPE et, dans certains cas, l’audit énergétique peuvent influencer l’achat, les travaux et le potentiel locatif. |
Revente | Une plus-value immobilière peut être imposée en France lors de la revente, avec des abattements selon la durée de détention. |
Structure de détention | L’achat en direct, en indivision ou via une SCI peut avoir des conséquences juridiques, fiscales et familiales différentes. |
Peut-on acheter un bien immobilier en France quand on est étranger ?
Un acquéreur étranger peut généralement acheter un bien résidentiel en France, qu’il vive en Europe ou hors de l’Union européenne. Dans la plupart des cas, la nationalité n’est pas l’élément déterminant.
Ce qui compte surtout, c’est le projet de l’acheteur et sa situation personnelle. Sa résidence fiscale, sa composition familiale, son régime matrimonial, son financement, l’usage prévu du bien et ses objectifs à long terme peuvent influencer la manière de préparer l’achat.
Une résidence secondaire utilisée quelques semaines par an ne soulève pas les mêmes questions qu’un bien destiné à la location saisonnière. Une famille qui souhaite s’installer en France n’aura pas les mêmes priorités qu’un investisseur qui envisage d’acheter via une SCI ou une autre structure de détention.
Pour un bien de valeur élevée, l’IFI peut également entrer dans la réflexion. Il est préférable d’examiner les aspects juridiques et fiscaux avant la signature, plutôt qu’après l’achat.
Le notaire et le déroulement de l’achat immobilier en France
Le notaire joue un rôle central dans une transaction immobilière en France. Il prépare et authentifie l’acte de vente, vérifie les éléments juridiques essentiels, collecte les taxes et droits applicables, puis organise la publication de l’acte afin de sécuriser le transfert de propriété.
La plupart des achats commencent par la signature d’un avant-contrat, avant l’acte de vente définitif. Il peut s’agir d’un compromis de vente ou d’une promesse de vente. Ce document précise les principales conditions de l’opération, notamment le prix, la description du bien, les conditions suspensives et le calendrier prévu.
Lorsqu’un acheteur non professionnel achète un bien à usage d’habitation, il bénéficie en principe d’un délai de rétractation de dix jours après la notification de l’avant-contrat. Pendant ce délai, il peut renoncer à l’achat sans avoir à justifier sa décision.
L’acheteur peut choisir le même notaire que le vendeur ou désigner son propre notaire. Lorsque deux notaires interviennent, les frais sont généralement partagés entre eux, sans être doublés.
Pour un acheteur étranger, il peut être utile de travailler avec un notaire habitué aux dossiers internationaux. Cela permet d’aborder plus clairement les questions liées à la résidence fiscale, au financement, à la succession ou à la structure de détention.
Frais d’achat et frais de notaire
Lors d’un achat immobilier en France, le budget doit inclure plus que le prix de vente. On parle souvent de frais de notaire, mais cette expression peut prêter à confusion.
Une grande partie des sommes versées au notaire correspond à des taxes et droits collectés pour l’État et les collectivités. Le total comprend aussi la rémunération réglementée du notaire, les débours administratifs et les frais liés à l’enregistrement foncier.
Pour un bien immobilier ancien, les frais d’acquisition sont généralement plus élevés que pour un bien neuf ou acheté en vente en l’état futur d’achèvement. Pour ce type de bien, ils se situent souvent autour de 7 % à 8 % du prix d’achat.
Depuis le 1er avril 2025, les départements peuvent relever temporairement une partie des droits de mutation, si cette hausse a été votée localement. Cette mesure concerne les actes passés entre le 1er avril 2025 et le 31 mars 2028.
Les frais peuvent varier selon le département et selon le taux applicable au moment de la signature de l’acte. Pour un bien de valeur élevée, même une petite différence de taux peut représenter un montant important. Ce montant doit être intégré au budget dès le début.
Les impôts immobiliers annuels après l’achat
Une fois l’achat réalisé, posséder un bien en France peut entraîner des impôts locaux annuels et certaines obligations déclaratives.
La taxe foncière est généralement due par le propriétaire du bien au 1er janvier de l’année concernée. Elle peut s’appliquer que le logement soit occupé, loué ou conservé comme résidence secondaire.
La taxe d’habitation sur les résidences secondaires reste aussi à prendre en compte. Même si la taxe d’habitation a été supprimée pour les résidences principales, elle continue de s’appliquer aux résidences secondaires et à certains logements meublés qui ne constituent pas une résidence principale.
Depuis 2023, les propriétaires doivent déclarer à l’administration fiscale la situation d’occupation de leurs logements, notamment en cas de changement ou lorsqu’aucune déclaration n’a encore été faite.
Lorsqu’un bien est vendu en cours d’année, l’administration fiscale se fonde toujours sur la situation au 1er janvier. En pratique, l’acte de vente prévoit souvent une répartition au prorata entre vendeur et acheteur. Il s’agit d’un accord entre les parties, et non d’un changement de calcul par l’administration fiscale.
IFI et biens immobiliers de valeur en France
Pour les acheteurs de biens de valeur élevée, l’IFI, ou impôt sur la fortune immobilière, mérite d’être anticipé dès le départ.
L’IFI concerne les contribuables dont le patrimoine immobilier net taxable dépasse 1,3 million d’euros au 1er janvier de l’année d’imposition. Pour les résidents fiscaux français, il peut porter sur les biens immobiliers situés en France et à l’étranger. Pour les non-résidents, l’analyse porte généralement sur les biens immobiliers imposables situés en France, sous réserve des conventions fiscales applicables.
Un non-résident peut être concerné par l’IFI s’il détient un patrimoine immobilier français de valeur élevée, directement ou indirectement.
Ce point est particulièrement important sur les marchés où les prix immobiliers sont élevés. Une propriété de valeur en Provence, à Paris, sur la Côte d’Azur ou dans les Alpes peut suffire à rendre une vérification nécessaire, surtout si le bien est détenu avec peu de dette déductible.
L’IFI mérite une attention particulière lorsque le bien s’inscrit dans un patrimoine familial, un projet de transmission ou une organisation patrimoniale plus large.
Revenus locatifs, location saisonnière et diagnostics
Certains acheteurs étrangers acquièrent un bien en France pour leur usage personnel. D’autres souhaitent le louer ponctuellement, en location saisonnière ou sur une durée plus longue. Ce choix peut avoir des conséquences fiscales et réglementaires.
Le droit fiscal français distingue les revenus de location nue, les revenus de location meublée et les meublés de tourisme, qui ne sont pas toujours imposés de la même manière. La location saisonnière ou touristique peut aussi entraîner des règles locales, des formalités d’enregistrement et des obligations déclaratives, à vérifier selon la commune, le type de bien et l’usage prévu.
Pour un propriétaire étranger, les revenus provenant d’un bien situé en France sont généralement imposables en France, même s’il n’est pas résident fiscal français. Des prélèvements sociaux peuvent également s’appliquer selon son pays de résidence et sa situation personnelle.
L’état technique du bien est un autre point important. Avant la vente, le vendeur doit fournir un dossier de diagnostic technique, dont le contenu varie selon l’âge, la localisation et les caractéristiques du bien.
Le DPE, ou diagnostic de performance énergétique, est l’un des éléments les plus visibles de ce dossier. Il évalue la performance énergétique du logement et son impact climatique. Pour une maison ancienne, une bastide, un mas ou un domaine rénové, il peut révéler des besoins de travaux, des contraintes techniques ou des obligations futures. Il doit donc être lu avec attention.
La performance énergétique compte aussi si l’acheteur souhaite louer le bien. Les règles françaises sur les logements mal classés sont devenues plus strictes, avec des restrictions progressives sur la mise en location de certains biens énergivores.
Pour un acheteur qui prévoit de louer, de rénover ou de conserver le bien dans la durée, le DPE et l’audit énergétique éventuel peuvent influencer l’évaluation du projet.
Plus-value, structure de détention et transmission familiale
Un achat immobilier en France doit aussi être pensé en fonction d’une éventuelle revente.
Lorsqu’un non-résident vend un bien immobilier situé en France et réalise une plus-value imposable, cette plus-value est en principe taxée en France. Le taux de l’impôt sur le revenu applicable aux plus-values immobilières est de 19 %. Des prélèvements sociaux et, dans certains cas, une taxe supplémentaire peuvent aussi s’ajouter. Le traitement exact dépend de la résidence du vendeur, de sa situation sociale et des règles applicables au moment de la vente.
Les plus-values immobilières bénéficient d’abattements selon la durée de détention. L’exonération totale de l’impôt sur le revenu est généralement acquise après vingt-deux ans de détention. Pour les prélèvements sociaux, elle intervient généralement après trente ans.
La structure choisie au moment de l’achat peut aussi avoir des effets à long terme. Certains acheteurs acquièrent en leur nom propre, d’autres avec un conjoint ou un partenaire. Certains envisagent une SCI ou une autre structure, notamment lorsque la transmission familiale, l’organisation patrimoniale ou la détention à plusieurs entrent en jeu.
Aucune structure n’est automatiquement préférable pour tous les acquéreurs étrangers. L’achat en direct est souvent la solution la plus simple, avec certaines limites sur le plan successoral. Une SCI peut être utile dans certaines situations, mais elle suppose aussi des contraintes fiscales, administratives ou de revente.
Pour un acheteur international, les questions familiales et successorales peuvent être complexes. Le régime matrimonial, la résidence habituelle, la nationalité et la composition familiale peuvent influencer le traitement du bien en cas de décès, de divorce, de donation ou de transmission.
Les points à clarifier avant de signer
Avant d’acheter un bien immobilier en France, un acquéreur étranger gagne à clarifier plusieurs points pratiques.
Budget complet d’acquisition. Il doit inclure le prix d’achat, les frais d’acquisition, les frais de financement, les travaux éventuels et les impôts immobiliers annuels.
Usage prévu du bien. Le logement peut être une résidence principale, une résidence secondaire, un bien utilisé ponctuellement ou un bien destiné à la location. Chaque usage entraîne des questions différentes.
Résidence fiscale et convention applicable. Ces éléments peuvent influencer l’impôt sur le revenu, l’IFI, les revenus locatifs, la plus-value ou les questions de succession.
Exposition éventuelle à l’IFI. Ce point est important pour les biens de valeur élevée ou pour les acheteurs qui détiennent déjà un patrimoine immobilier en France.
État technique du bien. Les diagnostics, le DPE, les éventuelles obligations d’audit énergétique et les travaux futurs doivent être étudiés tôt dans le processus.
Structure de détention. Le choix entre achat en direct, indivision, SCI ou autre structure doit être analysé selon les objectifs familiaux, fiscaux et patrimoniaux de l’acheteur.
Le cadre français offre une vraie sécurité juridique lorsque les bonnes questions sont posées dès le départ. Il permet à l’acheteur de mieux comprendre ses engagements et d’avancer avec clarté.
Acheter en France avec une vision claire dans la durée
L’immobilier français continue d’attirer les acheteurs internationaux pour la qualité de vie qu’il offre et pour la solidité du processus d’achat. En Provence, cela peut se traduire par une maison de village dans le Luberon, une bastide près d’Aix-en-Provence, une propriété dans les Alpilles ou une résidence proche d’Avignon.
Un achat réussi repose sur plusieurs éléments : le charme du lieu, la qualité du bien, le coût réel de l’acquisition, la situation fiscale et l’usage prévu. Ces éléments gagnent à être examinés ensemble avant de prendre une décision.
Pour un acquéreur étranger, comprendre la fiscalité immobilière en France et le déroulement juridique de l’achat permet d’avancer avec plus de confiance. Avec les bons conseils professionnels, un bien immobilier en France peut être choisi pour sa qualité, son usage et la manière dont il pourra être détenu, transmis ou revendu.
Sources
Notaries of Europe, Buying Property in Europe, France (anglais)
Notaires de France, La promesse de vente et le compromis de vente (français)
Notaires de France, Frais de notaire : frais d’achat immobilier, frais d’acquisition (français)
Impots.gouv.fr, J’ai des biens immobiliers en France (français)
Service Public, Location touristique : les nouvelles règles en 2025 (français)
Impots.gouv.fr, Plus-values immobilières des non-résidents (français)
Notaires de France, Calculer une plus-value immobilière (français)
Cet article est fourni à titre informatif et éditorial. Il présente, de manière générale, la fiscalité immobilière en France et le cadre juridique applicable aux acquéreurs étrangers. Il ne constitue pas un conseil juridique, fiscal, financier, patrimonial, immobilier ou d’investissement. Les règles peuvent varier selon la résidence de l’acheteur, la structure de détention, la situation familiale, l’usage du bien et les conventions fiscales applicables. Tout achat immobilier ou projet d’investissement doit être examiné avec des professionnels qualifiés, notamment un notaire, un conseiller fiscal ou un avocat spécialisé.

